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Le Mémorial de Caen a choisi de soutenir l’association Cartooning for Peace (« Des dessins pour la paix »), créée en octobre 2006 au siège de l’ONU à New York, sous l’impulsion du dessinateur français Jean Plantu. Elle regroupe plus de 70 dessinateurs de presse du monde entier.

Dans une exposition impertinente est présentée une sélection de dessins provenant des cinq continents. Cinq thèmes, autant de clés pour comprendre l’actualité du monde, articulent ce nouvel espace. Des vidéos permettent d’aller à la rencontre des artistes, de voir comment ils travaillent, de comprendre ce qui les motive, mais aussi de mieux connaître les risques qu’ils prennent au service de la liberté d’opinion. Point d’orgue de la visite du Mémorial, cette exposition permanente fait le lien entre l’histoire et l’actualité, et rappelle l’importance du maintien d’une extrême vigilance d’opinion et de jugement dans un monde de plus en plus complexe et menacé.

Conflits armés

Maintien de la sécurité, intervention humanitaire, lutte contre le terrorisme ou l’impérialisme, guerre sainte… Les 60 millions de morts des deux premières guerres mondiales n’ont pas empêché les États de trouver de nouvelles raisons de déclencher des guerres. En une image, le dessinateur de presse met le projecteur sur d’autres motivations moins avouables : maintien au pouvoir, volonté hégémonique, conquête de territoires stratégiques ou riches en matières premières, conflits ethniques.

Droits de l’Homme

Depuis plus de soixante ans, les dessinateurs de presse dénoncent les chefs d’État qui violent la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme du 10 décembre 1948. Ce texte fondateur, signé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par 48 États, proclame le principe de la dignité et de l’égalité de tous les êtres humains. Les signataires pensaient à l’époque que si chaque homme jouissait des mêmes droits politiques (liberté d’expression, droit de vote ...), économiques (droit au travail, au logement ...) et culturels (droit à l’éducation, à une vie culturelle ...), le monde pourrait enfin vivre en paix.

Inégalités Nord/Sud

Depuis les années 70, les dessinateurs de presse représentent des enfants africains affamés avec un gros ventre pour illustrer le fléau de la faim dans le monde. En dépit des promesses et des aides des pays riches, la famine n’a cessé de croître. Selon l’Organisation des Nations Unies (ONU), deux milliards de personnes vivent avec moins de deux dollars par jour. Près d’un milliard de personnes sont aujourd’hui sous-alimentées dans le monde. Pourtant, la population mondiale augmentera d’un tiers d’ici 2050 pour atteindre 9,1 milliards d’êtres humains.

Menaces climatiques

Pour illustrer les menaces climatiques, le dessinateur de presse a coutume de représenter un globe terrestre maltraité par les hommes. Ces vingt dernières années, selon le WWF (World Wildlife Fund - Fonds mondial pour la nature), le nombre de catastrophes naturelles, causées en grande partie par le réchauffement de l’atmosphère engendré par l’activité humaine, a été multiplié par quatre. Les experts climatiques constatent jour après jour une intensification de la fonte de la banquise, de la sécheresse, des inondations, des cyclones, de la disparition d’espèces animales et végétales, etc.

Censures, tabous, interdits

Le dessinateur de presse doit ruser pour faire passer son message tout en résistant à la censure officielle, aux pressions économiques, et parfois même à l’autocensure. La censure, qui existe depuis l’Antiquité, se définit par le pouvoir de contrôle, de surveillance et de sanction exercé par une autorité (étatique, religieuse…) sur les moyens publics d’expression, comme les médias et les oeuvres artistiques. Par extension, elle désigne les différentes formes de pression, financières, morales ou physiques.